S’il y a bien une chose à laquelle je ne m’étais pas préparée lors de mon 1er voyage en Tunisie, c’est le comité d’accueil des gralous!
Je m’étais préparée à avoir trop chaud et à dormir mal la nuit, je m’étais préparée à manger piquant donc à manger peu, mais je ne m’étais vraiment pas préparée aux gralous.
Ma première rencontre avec un gralous, je m’en souviendrais toujours! Jamais je n’en avais vu un de ma vie. Jamais je ne les aurai imaginé si gros. Mais ce jour là, en entrant dans la chambre d’enfance de mon Homme, chambre qui serait la mienne durant 2 semaines, mais chambre occupée durant l’année par la soeur de mon Homme et dont les murs étaient tapissés de posters de Star Club, je l’ai vu de suite. Il était là. Sur le poster de Titanic. En plein sur le visage de Léonardo Di Carpaccio. Pile en face de la porte, droit devant moi. Quelle attitude adoptée? Doucement, sandale à la main, je me suis approchée, espérant être assez discrète. Malheureusement, la peur réduisit considérablement ma rapidité… Il était énorme, mais rapide. Jamais je n’aurai imaginé que ça puisse être aussi gros! Manque de chance pour moi, il avait réussi à s’enfuir. Mais où?
Ne voulant déranger personne, je n’étais pas vraiment à mon aise pour ma 1ère soirée en terre inconnu, j’ai tenté de dormir, sachant que l’ennemi était là, tout près, tapit dans un coin. Inutile de dire que ma nuit fut très courte. L’ennemi quand à lui, il avait sûrement du passer sous la porte pendant la nuit.
Ensuite chaque soir, je faisais une inspection en règle de la chambre avant de refermer la porte et je plaçais un drap sous la porte pour éviter toute intrusion.
Mais les années suivantes, il y a eu des nuits tellement chaudes que dormir la porte fermée était intenable. Alors pensant que les gralous avaient migrés vers d’autres contrés ou qu’ils m’avaient oublié, je laissais la porte ouverte. Voilà comment par 2 fois, la bête s’est posée sur moi en pleine nuit! OMG! Oui, parce qu’un gralou, gros ou petit, ça vole! Impossible de me rendormir ensuite.
Enfin maintenant, je commence à être habituée à avoir mon comité d’accueil. Quoique ces dernières années, les gralous étaient plus petits et moins nombreux.

Mais sinon, vous avez compris qui sont les gralous?
Gralou, c’est le mot tunisien pour désigner un cafard!
Pour moi, les cafards étaient synonyme de saleté, de personnes crades qui laissent les poubelles trainer chez elles. Hors ma belle mère est tout le contraire. Chaque jour elle lave le sol à l’eau de javel. Quand je vois sa frénésie du ménage, c’est moi qui me sens crado à côté.
Ma belle mère a beau employer toutes les armes possible contre les armées de cafards, chaque soir, ils reviennent! Tout comme les fourmis géantes.
Enfin, si les gralous étaient aussi sympa que dans « Il était une fois », s’ils m’aidaient à récurer de fond en comble comme ils aident Gisèle, j’aurai peut-être une autre image d’eux… Mais comme ce n’est pas le cas, je continuerai de regarder sous le lit, derrière les tableaux et les meubles avant de refermer la porte de la chambre en vue d’une bonne nuit de sommeil.