Être soi

Lors du dîner du Réveillon de Noël, soudain nous avons entendu Chichi crier “Oh non, beurk, je ne m’assois plus à côté de lui, il est trop bizarre“. Ce n’était pas très gentil de dire cela. Il ne le disait pas non plus de façon méchante. Et il riait. Je n’ai pas compris tout de suite pourquoi mon fils disait cela. Ce n’est que plus tard qu’il a expliqué que son cousin était entrain de tremper son chocolat dans son verre de Coca avant de le dévorer. De son point de vue, Chichi trouvait cela dégoûtant. Mon neveu, lui, trouvait cela “gustativement” délicieux.

Aux paroles de Chichi, mon neveu n’a pas hésité à répondre très justement : “Je ne suis pas bizarre, je suis différent“. Il aurait également pu lui répondre “chacun ses goûts“.

Si je vous conte cette petite anecdote de famille, c’est parce que récemment je pensais à cette façon que nous avons tous pris de brandir notre droit à la différence, tout en réclamant de la tolérance. Nous voulons ÊTRE. Be yourself. Voilà ce que nous prônons tous. Plus de cases, plus de moule. On casse tout pour tenter d’être soi. J’écris bien “tenter” car encore beaucoup trop de personnes essaient de ressembler à d’autres parce qu’elles semblent plus cools ou pour plaire. Elles gomment leur personnalité.

Seulement, peut-on être certain un jour que nous sommes bien nous, sans entrave ? Ne sommes-nous pas constamment influencés par notre environnement, par les tendances ?

Mon but n’est pas de disserter sur le sujet. Mais voyez vous, mon neveu demande donc le droit d’être différent en trempant son chocolat dans son Coca. Cela ne me choque pas. Chupa a elle aussi fait des expériences gustatives assez spéciales quand elle était plus jeune. Elle, c’était plutôt avec le jus d’orange. D’ailleurs, moi aussi je trempe biscuits et chocolat dans mon cappuccino/chocolat chaud/tisane. Puis, d’un autre côté, par exemple, il y a T-Biscuit, un brin hypersensible, qui souhaite juste déjeuner normalement. Et voir quelqu’un faire des expériences qu’il juge dégoûtante sous son nez lui coupe l’appétit (même voir l’intérieur de la bouche pleine de sa soeur lui coupe l’appétit, ou une fourchette légèrement sale, ou penser à quelque chose qu’il trouve beurk).

Voilà 2 individus avec chacun leurs différences. Et chacun des 2 demandent qu’on tolère celle-ci. N’arrive-t-on pas dans une impasse si personne ne fait de concessions ? Faudrait-il en arriver à déjeuner chacun de son côté ? Ce serait dommage, non ? Pourtant je dois avouer que cette option peut être tentante. D’ailleurs lors de son entrée en 6ème, T-Biscuit avait justement choisi de déjeuner seul pour ne pas manger sur une table qu’il jugeait sale, avec ses copains.

C’est peut-être pour éviter cela qu’il y a des règles de bonnes manières à table. Règles qui sont de moins en moins respectées, non ? Personnellement, je ne demande pas à mes enfants de ne pas mettre leurs coudes sur la table, ni même de s’asseoir correctement (sauf si vraiment c’est n’importe quoi).

Bon, en ce qui concerne l’utilisation du terme “différent“, je suis bien consciente que certaines personnes le trouveront inapproprié. Encore faut-il pouvoir définir le terme de normalité.

Bref, finalement mon sujet de départ pourrait me faire dévier dans de multiples réflexions dignes de sujets au bac philo et je finirai avec une migraine et sans vraie réponse satisfaisante. En attendant, tous les enfants de la grande famille continueront à manger ensemble, proprement ou non.

Auteur de l’article : MissBrownie

Je m'appelle Anabel et je suis maman de 3 enfants. Lilloise depuis 1998, je vous raconte mes aventures de famille à la fois douces et piquantes depuis 2008. Retrouvez moi également sur Instagram et twitter sous le pseudo missbrownieblog.

13 commentaires sur “Être soi

    Momo1202

    (25 janvier 2019 - 0 h 08 min)

    Intéressant…

    Emma June

    (25 janvier 2019 - 9 h 08 min)

    C’est une réflexion intéressante.
    J’aime beaucoup la réponse du cousin! 😉
    Je pense que l’on peut être tolérant lorsqu’on ne se trouve pas trop heurté, sinon, l’éloignement n’est pas une si mauvaise solution, après tout, on ne peut pas s’entendre avec tout le monde.
    Et puis, ça dépend aussi de la durée où l’on doit subir un comportement qui nous incommode…

      MissBrownie

      (25 janvier 2019 - 13 h 34 min)

      Oui, il y a beaucoup de paramètres qui peuvent entrer en jeu.

    petitdiables

    (25 janvier 2019 - 13 h 12 min)

    C’est super bon le chocolat dans le coca voyons! (bon en vrai on n’a pas de sodas à la maison alors je ne sais pas, jamais goûté!^^)

      MissBrownie

      (25 janvier 2019 - 13 h 32 min)

      Je ne sais pas si tu te souviens mais Jacky du club Dorothée avait sorti un livre de cuisine de recettes au coca (à moins que ce soit Corbier … Non, sûr c’était Jacky 😀 )

    Isabelle d'EzEvEl

    (25 janvier 2019 - 13 h 49 min)

    Pour vivre heureux vivons cachés.
    Après est-ce si dégoutant que ça de voir quelqu’un tremper du chocolat dans son coca, on le fait avec le camembert dans du café ?
    Tant qu’il ne mâche pas en claquant du bec 😉

    Le seuil de tolérance, l’éducation … c’est beaucoup de paramètres… Ici ils peuvent tremper tant qu’ils veulent, tant qu’ils mangent, mais chez moi pas du coudes à tables, les 2 mains à table et on ferme sa bouche quand on mache 😉

      MissBrownie

      (25 janvier 2019 - 14 h 01 min)

      Pour les coudes, je crois juste que je ne regarde pas s’ils le font ou non 😉 Je veux surtout qu’ils mangent sans râler 😀
      Le camembert dans le café, non, je ne fais pas ça 😀 Plus jeune, mes voisins trempaient des tartines de maroilles dans leur chocolat ou café, je ne sais plus mais je trouvais ça vraiment étrange LOL

    Mademoiselle Farfalle

    (25 janvier 2019 - 14 h 27 min)

    Personnellement, je cultive ma différence et je chéris celle de mes enfants. Et ça fait du bien! (Et oui, c’était Jacky qui avait sorti un livre de cuisine à base de coca ^^)

    Une parisienne à Vincennes

    (25 janvier 2019 - 18 h 13 min)

    Une copine trempait son camembert dans son chocolat le matin

    lanabc

    (25 janvier 2019 - 19 h 43 min)

    Personnellement, je ne fait jamais “trempette” pour rien, j’ai horreur des miettes dans mes boissons… Mais je n’empêche personne de le faire.
    Pour ce qui est d’être soi, j’ai longtemps chercher à plaire aux autres et à être comme les autres. Je crois que j’ose davantage être moi même depuis quelques années.

    Madame

    (26 janvier 2019 - 14 h 27 min)

    J’ai des enfants singuliers alors nous revendiquons le droit à la différence ☺☺☺

    Nancy

    (27 janvier 2019 - 18 h 22 min)

    Merci pour ce très bel article qui invite à la réflexion sur soi, sur les autres, sur ce qui est tolérable ou pas dans notre revendication à la différence !
    Vaste sujet (de bac !).
    Belle soirée à toi <3

    sysyinthecity

    (27 janvier 2019 - 21 h 17 min)

    c’est une belle réflexion, effectivement même si nous souhaitons être nous -même, il y a soit l’influence soit des règles de politesse à tenir 😉

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