L’Adolescence à la Campagne …

Quand j’avais 10 ans, nous avons déménagé.

Nous avons quitté un logement de fonction dans un grand village avec café et boulangerie  pour une grande maison, dans laquelle chacun aurait sa chambre, située au coeur d’un petit village de 300 habitants à peine et autant de vaches. Le village où ma mère avait grandi et où ma grand-mère habitait encore.

Passer son adolescence dans la campagne profonde, dans les années 90 (c’est à dire, à l’époque où internet n’existait pas), c’était :

  • maudire chaque jour ses parents d’avoir choisi d’habiter à la campagne plutôt qu’en ville
  • envier ses voisins qui eux ont un scooter, offert par leurs parents, pour aller en ville
  • connaître par cœur les catalogues de ventes par correspondance de vêtements et ne s’habiller quasiment que par correspondance (par téléphone ou courrier évidemment ! On n’était pas trop minitel)
  • attendre avec impatience le jour des courses pour enfin pouvoir faire un tour à la maison de la presse et dans l’hypermarché
  • ne pas connaître le goût d’un macdo et la pizza, c’était uniquement le format rectangulaire familial de l’hypermarché, pas de livraison à domicile
  • faire du vélo, beaucoup de vélo, mais ne pas aller plus loin que le village voisin parce que la côte et la traversé de la forêt en montée, ça use !!!
  • connaître tous les chemins au coeur de la forêt à force de s’y promener
  • pouvoir observer les étoiles les soirs d’été sans que l’intensité de la voûte céleste ne soit amoidrie par les lumières de ville (à 23h, il faisait nuit noire. Aucun lampadaire) et attendre les étoiles filantes pour faire un voeu. Y croire
  • planter sa tente dans le jardin pour l’été, et même une fois dans la forêt (et flipper)
  • passer énormément de temps à observer les canards de mon père et guetter l’arrivée des premiers canetons
  • attendre avec impatience la fin des vacances pour retrouver mes copines
  • se réveiller à 6h00 pour ne pas louper le seul bus scolaire passant à 7h10
  • trouver qu’aller au cinéma est une sortie exceptionnelle et attendre avec impatience la fête du cinéma pour en profiter un peu plus
  • entretenir des correspondances avec le monde entier et devenir fan de la musique japonaise grâce à une correspondante japonaise, rêver d’aller un jour sur l’île Maurice rencontrer Pascaline, vivre par procuration le bal de promo de ma correspondante en Iowa, trembler pour ma correspondante en Érythrée, penser à celles d’Egypte ou d’Indonesie (ma Casper Girl) … (et aujourd’hui, ne plus avoir aucun contact avec aucune d’entre elles … dommage)
  • passer des soirées d’été pleines de rires chez les voisins, autour d’un barbecue. Le bon vieux temps.

J’oublie peut-être des détails importants … En tout cas, à 14, 15 ou 16 ans, j’ai trouvé cela atroce … maintenant, avec le recul, je me dis que c’était chouette.

En tout cas, mon adolescence à la campagne est bien différente de celle d’Alameresi … Elle avait un scooter ELLE ! Et une bande aussi … et un café.

 

Auteur de l’article : MissBrownie

Je m’appelle Anabel et je suis maman de 3 enfants. Lilloise depuis 1998, je vous raconte mes aventures de famille à la fois douces et piquantes depuis 2008. Retrouvez moi également sur Instagram et twitter sous le pseudo missbrownieblog.

15 commentaires sur “L’Adolescence à la Campagne …

    alameresi

    (5 juillet 2013 - 10:57)

    Oh, malgré mon scooter et ma bande je retrouve tout de même des tonnes de similitudes avec mon adolescence ! J’avais oublié que je m’habillais essentiellement par VPC (et tu sais que j’ai gardé cette habitude même si j’adore aussi faire les vraies boutiques !).
    J’avais oublié le coup de la tente dans le jardin et les barbecue chez les voisins !
    Et puis mes nombreux correspondants…. J’ai gardé contact avec la plupart et ma correspondante espagnole est devenue une véritable amie chez qui on se rend l’été !
    En revanche je pouvais aller m’acheter mes magazines toute seule et ma mère allait chercher des pizzas en ville, je te l’accorde.
    Décidément, j’adore les billets sur ce thème, ça me donne envie d’en refaire un avec plus de détails. Merci pour tout ce que j’avais oublié !

    Lalla

    (5 juillet 2013 - 12:47)

    Oh, j’adore ces billets!
    Ton adolescence me semble bien bucolique, moi qui ai passé la mienne dans une ville de 450 000 habitants 😉

    Mentalo

    (5 juillet 2013 - 12:23)

    Née à la campagne, j’ai vécu à la campagne toute ma vie, sauf un intermède d’un an lors de mes études, et un an au début de ma carrière professionnelle. J’ai le souvenir d’une grande solitude à l’époque, celle que justement je savoure aujourd’hui. Mes enfants, j’ai coutume de dire qu’ils sont élevés au grand air, comme les poulets Le Loué. Pour le moment, aucun d’eux ne me hait. L’offre de loisirs, de sports, est infiniment plus mince, mais ils s’en contentent. Je fais des centaines de km en voiture chaque semaine (environ 1000 en fait), entre travail et taxi d’enfants. Nous sommes heureux à la campagne. Quand ils feront leurs études, ils devront vivre en ville (et internat au lycée, trop loin), ils feront leur choix à ce moment là je pense!

    Madame Moustick

    (5 juillet 2013 - 12:54)

    Le bus de 7h10 : de vieux souvenirs de banlieusarde …

    hélène

    (5 juillet 2013 - 13:06)

    Très interressant ton point de vue. Moi, j’ai grandi en ville donc mc do, ciné et centre commerciaux occupaient mes week ends. Pour rien au monde, je n’aurais voulu vivre à la campagne. Et maintenant, en “moyenne campagne” et la rase campagne me tenterait bien !!

    C’est dommage d’avoir perdu le contact avec tes correspondantes. Ca devait vachement élargir tes horizons toutes ces cultures !!

    madamezazaofmars

    (5 juillet 2013 - 13:34)

    Ton adolescence ressemble beaucoup à la mienne.
    Aujourd’hui je déteste toujours autant mon village mais j’aime que mes enfants profitent d’une vie au grand air et plutôt calme

    Sophie

    (5 juillet 2013 - 13:35)

    Tout comme toi pas le droit au scooter et par contre réveil à 6h aussi pour le bus à 7h05 !!!
    Râler à 14 ans parce que mes copines allaient à des boums et que moi je pouvais pas pour cause de distance.
    Râler parce que ce fameux bus scolaire non content de partir à 7h le matin ne rentrait qu’à 18h30 et tous les jours tu devais le prendre même si les profs étaient absents et que tu ne commençais qu’à 10h ou finissais à 15h !
    Ne jamais réchapper à la cantine pour les mêmes raisons !
    Mais bon on partait en vélo ou à pied sans avoir peur…

    lexou

    (5 juillet 2013 - 15:26)

    j’ai beaucoup de points communs avec toi, ton enfance ressemble à la mienne, grandir à la campagne, avec les mêmes habitudes, les mêmes attentes 😉

    Ninie Pouce

    (5 juillet 2013 - 16:38)

    Avec le recul, c’était quand même trop chouette une enfance à la campagne !

      MissBrownie

      (5 juillet 2013 - 16:51)

      Avec le recul, oui 😉
      A moment M, c’était parfois eMM…… 😛

    Surfcity

    (6 juillet 2013 - 8:03)

    Ah moi aussi j’ai vécu a la campagne et j’avais une ribambelle de correspondants dont mon irlandaise avec qui j’ai toujours des contacts et qui est venue à notre mariage en septembre dernier.

    FoxyMama

    (7 juillet 2013 - 19:28)

    Le “on était pas trop Minitel” m’a tué 😀
    Je trouve génial que tu aies eu autant de correspondantes, finalement bloguer c’est un peu la même chose sauf qu’on écrit pas sur l’enveloppe “vite petit facteur car l’amitié n’attend pas” 😉
    Moi je n’ai eu qu’une correspondant et elle habitait Bourbourg, tu parles d’un dépaysement !

      Maud

      (8 juillet 2013 - 13:32)

      mdr ! je me disais la même chose ! étant donné le nombre de correspondante qu’elle a eu, pas étonnant qu’elle blogue aujoud’hui, et papotte avec autant d’inconnues ! 🙂
      “vite petit facteur car l’amitié n’attend pas”… qu’est-ce que j’ai pu l’écrire !! ^o^

    Maud

    (8 juillet 2013 - 13:36)

    Ça me fait en de nombreux points penser à mon adolescence… c’était pas la campagne… mais petit village au bord de la mer… presque pareil ! A l’époque, seulement 1 école primaire (depuis y en a 2 + un collège, et le nombre d’habitants a dû être multiplié par 10 ! au moins !).
    La seule différence, c’est que l’été, même sans scooter, on pouvait aller à la plage à pied, et retrouver “la bande”… l’été c’était top ! mais l’hiver, loin de tout, c’était aussi exceptionnel d’aller au ciné (dans la ville où on allait au collège/lycée, avec le car de 7h aussi!), et encore moins au mac do, il fallait aller à marseille pour ça !! c’était le jour des soldes, 2 fois par an, quand ma mère nous emmener faire les boutiques toute la journée! 🙂
    je détestais… mais maintenant j’apprécie le calme de ma “campagne” …à 10min en voiture de la ville ! 😉

    Vinie

    (8 juillet 2013 - 14:10)

    Et moi j’ai vécu à la ZUP dans le 95, au 7ème étage d’un HLM… J’ai apprécié vivre avec des personnes de cultures différentes, aller à l’école à pieds, ne pas avoir à manger à la cantine, mettre 30 minutes à pieds pour aller au centre-ville pour aller se manger un McDo quasiment un jour sur 2 ^^

    Bizarrement, je ne veux absolument pas de cette vie pour les garçons !

    Même si notre campagne me semble bien ennuyeuse (400 habitants et autant de vaches ^^ Ah et un âne devant chez moi hier matin, il s’était sauvé lol), la cité, je ne me vois plus y vivre !

    Je suis sûre que les garçons me diront aussi dans quelques années que c’est nul de vivre ici. Mais quand ils seront adultes, ils apprécieront 😉

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